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Salima Tlemçani menacée de mort suite à un article sur les fils de Gaïd Salah

Algérie

Salima Tlemçani est journaliste à El Watan depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui, elle fait face à un tombereau d’insultes, allant jusqu’aux menaces de mort. En cause : un article qu’on lui a attribué, sur la fortune «mal acquise» des enfants de feu Gaïd Salah, qu’elle a publié sur son journal El Watan.

La journaliste Salima Tlemçani, qu’on croit l’auteur de l’article : «Les enfants de Gaïd Salah détenteurs de nombreux biens : Les détails d’une fortune à l’ombre du général», paru le 31 août 2020, sur les colonnes du journal El Watan, est la cible de menaces de mort sur les réseaux sociaux, de la part «des adeptes de l’ancien chef d’État-Major de l’ANP, général de corps d’armée et vice-ministre de la défense».

Elle, qui ne sait malheureusement que trop bien les risques que peut représenter le métier de journaliste, devenu une cible aux intérêts économiques ou… symboliques, vient d’apporter la preuve, encore une fois, qu’en dépit de la révolution populaire du 22 février, certains, plutôt que de faire face à la réalité, continuent encore à préférer l’opacité et l’ignorance. «Depuis la publication par le journal d’un article, sur les enfants du défunt chef de l’État-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, je suis traitée de tous les noms et sobriquets, jetée à la vindicte populaire, et même menacée de mort», révèle-t-elle sur son compte Facebook. «Cela me rappelle les années 90, lorsque les groupes islamistes armés diffusaient leurs ‘’ fetwas’’ contre ceux qui ont refusé de se plier à leur sentence : le cercueil ou l’exile», regrette-elle.

Contrairement à bon nombre de journalistes qui ont choisi l’exil, Salima Tlemçani, elle, a choisi de rester dans son pays au risque de se faire assassiner par les ennemis de la démocratie, comme elle en témoigne aujourd’hui. «À l’époque, j’ai choisi le cercueil, étant convaincue que le rendez-vous avec la mort ne pouvait être fixé que par Dieu. J’ai choisi le cercueil étant convaincue que le témoin que j’étais durant cette décennie de sang et de dévastation, vécue par le peuple algérien en général et les professionnels des médias en particulier, qui comptabilisait quotidiennement les nombreuses victimes du terrorisme intégriste, tombées en martyres sous les balles assassines, égorgées, décapitées et déchiquetées, doit apprivoiser la mort et l’avoir comme compagnon, en comptant sur les prières de ma défunte mère, pour m’en sortir vivante. J’ai fait le choix malgré moi, de prendre un nom d’emprunt, afin de continuer à lutter pour le droit d’exister et de faire entendre les voix des familles des victimes du terrorisme. Ma carrière je l’ai faite dans le sang».

«Mon Hirak à moi»

Au-delà des menaces de mort qu’une journaliste de sa trempe qui ne se laisse pas aussi facilement démonter pour autant, Salima Tlemçani a néanmoins décidé de rappeler dans la foulée, que «son Hirak» ne datait pas du 22 février 2019, mais de bien plutôt, contre la horde intégriste notamment, qui «rêvait de faire de l’Algérie un ‘’Khalifat’’». «Mon ‘’Hirak’’ à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019. La collection d’El Watan -depuis les années 90 à ce jour- est là pour ceux qui veulent lire les enquêtes, les reportages et les articles, sur la corruption, les bavures, les atteintes aux libertés, au moment où rares sont les voix qui s’élèvent. Mon ‘’Hirak’’ à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019», souligne-t-elle. Et de poursuivre : «durant les vingt ans du règne de Bouteflika, le nombre d’articles et d’enquêtes sur les pratiques maffieuses de rapine et de bradage de fonds publics se comptent par centaines. Ceux qui lisent régulièrement El Watan, doivent s’en rappeler. Ils doivent savoir que je défends toujours les mêmes principes : une Algérie républicaine et une justice indépendante. Ils sont les mêmes et le resteront quelque soient les circonstances. Je continuerais à offrir aux lecteurs une information la plus crédible possible, sans tomber dans l’insulte, la diffamation ou l’intox. Il n’est pas de mes habitudes de répondre aux attaques haineuses de mes adversaires, qui se comptent parmi les intégristes, leurs alliés planqués à l’étranger, vivant au frais d’officines qui rêvent de faire de l’Algérie ‘’un khalifat’’».

Pour la journaliste, «ces post violents, diffamatoires et menaçants qui ont subitement inondé les réseaux sociaux me reprochent le contenu d’un article d’un de mes collègues relatif aux affaires des enfants du défunt vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah qui ne sont ni un secret de défense, ni une opération d’intox et encore moins, dirigée contre une quelconque institution. Les auteurs de cette campagne malveillante vont jusqu’à publier mon identité, comme si le lecteur est plus intéressé par la personne du journaliste que par l’information qu’elle lui donne».

Et comme pour réaffirmer sa détermination à ne pas lâcher prise et à continuer à exercer son métier de journaliste comme elle l’a toujours fait, elle écrit que «cette campagne», «cette vile entreprise» qui selon elle, «s’apparente à une opération bien organisée par une armée de mouches électroniques qui, sous le sceau de la protection de la mémoire du défunt Gaïd Salah, tente vainement de porter atteinte au journal d’El Watan en général et à ma signature en particulier, ne réussira pas à assécher mon stylo». «Au nom des confrères que j’ai vu mourir, au nom des milliers de victimes du terrorisme que j’ai compté dans les morgues, au nom des algériens spoliés par les corrupteurs et ceux réduits à l’exile, au nom des citoyens lambda qui viennent frapper à la porte de mon bureau pour parler du despotisme dont ils font l’objet, au nom de toutes ces femmes privées de leurs droits et qui souffrent dans le silence, et au nom de ces innombrables lecteurs et lectrices qui m’ ont exprimé leur soutien, je continuerais à être la simple journaliste, qui fait son métier, rien que son métier, en dépit de tous les snipers embusqués qui la guettent…», conclut-elle.

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تاريخ الخرق : Sep 04 2020

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